L'unité Scoute de Montigny le Tilleul

Discours d'Hirondelle pour les 70 ans (1)

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Discours pour les 70 ans de l’unité Picvert
Le 12 avril 2008
par Hirondelle (O. Renders)



Madame la Bourgmestre,
Mesdames et messieurs les échevins,
Mesdames et messieurs les conseillers communaux,
Chers anciens,
Chers parents,
Chers animés, chers animateurs,
Chers chefs d’unité,
Chers animateurs régionaux,
Chers journalistes,
Chère la vie aujourd’hui…. De + en + chère…

Merci d’être là aujourd’hui pour fêter les 70 ans de la 5ème unité scoute de Montigny-le-Tilleul anciennement dénommée Terrils-Ouest, Haute-Sambre, et rebaptisée Picvert depuis 10 bonnes années.
Et puisque nous avons des officiels dans l’assemblée, nous allons directement les soumettre à un petit test de connaissance pratique :

Mesdames et messieurs les échevins, lorsqu’on fête les noces de 70 ans, cela correspond aux noces de, de, de…
De platine, merci !

Et si je me fie à la définition du petit Robert (nous en avons un grand dans l’unité), le platine est un élément de densité 21,37.
21 comme mon jour de naissance et
37 comme mon âge aujourd’hui…quelle coïncidence incroyable, n’est-ce pas ? (silence puis rires) Mais qu’est-ce que vous vous en foutez !

Bon, trêve de nombrilisme : le platine, c’est un métal précieux, c’est un bijou ! C’est quelque chose qui a une valeur inestimable. Et nous aimons à le penser en voyant l’engagement et la joie des enfants, des animateurs, des anciens de notre unité et du plaisir qu’ils ont à se retrouver… notre unité a une valeur inestimable !
Non pas comme une bague que l’on range soigneusement dans son écrin puis au coffre mais plutôt comme un collier splendide que l’on est fier d’arborer (en se tenant le foulard !)
Mais oui… le voilà notre bijou, notre signe de ralliement, notre fil rouge… et gris

Comment évoquer les 70ans de la 5ème sans retracer quelque peu son histoire ? Aussi je vous propose ici de vous faire lecture du passage d’un entretien que François Detry (ex chef d’unité que je salue ici au passage pour son organisation des 60 ans, il y a une dizaine) avait eu avec Jean-Marie Houyoux, Picvert, peu avant son décès. Picvert fût l’un des fondateurs de notre unité.

Exactement 30 ans séparent la naissance du scoutisme de la naissance de la 5e Unité Scoute de Montigny-Le-Tilleul. En effet, c’est en 1908 que Sir (pas encore à l’époque) Robert Baden-Powell, Général en retraite de l’armée britannique, organisait sur l’île de Brownsea le premier camp scout. Et c’est 30 ans plus tard, en 1938, qu’avait lieu le premier camp des scouts de Montigny. Il se déroulait à Celles en collaboration avec les scouts de Walcourt qui avaient eu la gentillesse de prendre les scouts de Montigny comme Seconds dans leurs patrouilles. La Troupe se composait alors d’une dizaine de gars entre 12 et 18 ans. Ils se réunissaient déjà le dimanche après-midi dans l’actuelle école artisanale, l’oeil vif, le teint clair, le short bleu et la chemise kaki.
“A l’époque, on nous considérait comme des originaux,” se souvient Pic-Vert, “il fallait être un peu fou, alors que nous avions des maisons chauffées, pour se promener en culotte courte dans les forêts, pour manger sur des feux de bois ou suivre des pistes aux bouts de laine dans les rues.” Pic-Vert a 22 ans à l’époque lorsque le docteur (futur) Dercq lui demande un coup de main pour mettre sur pied une Troupe scoute à Montigny-Le-Tilleul. Le docteur Dercq avait lui-même fait partie de la Troupe du Collège de Charleroi et voulait promouvoir la belle aventure dans son village natal.
La Troupe vécut encore deux bonnes années avant que la guerre ne fut déclarée. En 1940, Pic-Vert devint chef de Troupe. Malgré l’occupation, les réunions du dimanche après-midi avaient toujours lieu. Il fallait seulement remettre un programme des activités à la Kommandantur allemande. “Rien que des choses très anodines”, se souvient Pic-Vert, “des danses, de l’animation religieuse ou du bricolage mais rien qui puisse servir à la guerre, surtout pas de cartographie ou de morse,… du moins sur le papier…”. Pendant une courte période, il y eut également une interdiction de porter l’uniforme. Cela n’entama pas l’enthousiasme de Pic-Vert et de ses assistants qui organisèrent encore des camps dans la propriété des Soeurs de Loverval ou dans celle de la comtesse de Presles.
C’est pendant la guerre que fut créée la section des aspirants Eclaireurs: les Louveteaux. Un peu plus tard, c’est M. Jean-Paul Ducarme qui créera la prolongation du mouvement: les Pionniers. Pic-Vert assurera la coordination de l’Unité jusqu’en 1960. Il est donc le premier chef d’Unité de Montigny-Le-Tilleul. Celle-ci est alors riche d’une soixantaine de scouts de tout poil...
Côté animation, les premiers scouts s’affrontaient notamment en des concours de vitesse au morse, ils arpentaient les bois pour en reconnaître chaque espèce, ils s’exerçaient à la cartographie, ils jouaient lors de sorties toujours précédées d’une messe, se souvient Pic-Vert. L’animation à la foi était courante. “Pas question de cours de catéchisme pour autant”, me dit Pic-Vert, “simplement par exemple quand nous nous promenions dans les bois et que nous nous arrêtions devant un hêtre majestueux, nous faisions remarquer cet acte admirable du créateur”…

Si vous avez été attentifs à cette lecture et si vous avez lu les communiqués de presse de ces derniers jours, vous aurez remarqué qu’une petite erreur s’est glissée dans notre communiqué. En effet le premier camp n’a pas eu lieu à Walcourt (que les journalistes nous en excusent) mais il est plus exacte de dire que nos scoutes ont été à Celles avec ceux de Walcourt.

Si on veut compléter l’histoire de l’unité, on peut encore mentionner :
-le dédoublement en 65 de la meute louveteau, puis son détriplement en 67 avant un retour à 2 meutes en 71, puis une seule, mais quelle meute, en 1999
-Le dédoublement de la troupe scoute pour une période très brève de 69 à 71
- Plus remarquable, la création en 1986, de manière avant-gardiste par rapport au mouvement scout dans son entièreté, il faut bien le dire, d’une section de petits (6 à 8ans) appelée castors au départ qui deviendra la section baladins que vous connaissez aujourd’hui.

Tout cela pour en arriver à l’unité telle qu’elle existe aujourd’hui, Isard vous en entretiendra plus en détail tout de suite.


Si on évoque l’histoire, on doit immanquablement évoquer aussi les personnes et les lieux.
En préparant cette fête, nous avons pisté les anciens et établi un fichier d’anciens animateurs, chefs d’unités ou aumôniers de plus de 400 noms, oui vous avez bien entendu !
Ce fichier, il est d’ailleurs consultable sur l’un des tables de l’exposition. Si vous souhaitez retrouver la trace d’un ancien ou si vous avez encore les coordonnées de Pierre, Paul ou Jacques, n’hésitez pas à le compléter : ce fichier est à votre disposition, cela nous ferait un grand plaisir de le faire vivre.

Les gens ce sont les animés, les parents d’animés, les animateurs, les parents d’animateurs, etc… Merci à tous ceux-là qui durant 70 ans ont fait confiance, ont poussé le mouvement, ont soutenu les animateurs, ont prêté du matériel… et ne l’ont pas toujours retrouvé !

C’est un exercice périlleux mais tant pis, je m’y lance. 70 ans de scoutisme, cela vaut bien 5 minutes chiantes dans un discours ! Je voudrais remercier toutes les familles de Montigny ou d’ailleurs qui ont porté à bout de bras la 5ème MLT et désolé d’avance pour celles que j’ai oublié. Voyez- y une forme d’hommage à tous ceux-là et n’hésitez pas à manifester votre joie à la lecture de leur nom :

Merci aux Houyoux, Reuther, Loriaux, Lecomte, Philippe, Creusen, Dercq, Lagaune, Letouche, Ducarme, Rubay, Tilmant, Collet, Votquenne, Henrard, Cattiez, Lefebvre, Knoops, Grandgagnage, Dufiefs, Malengreaux, Tamo, Mahieu, Roisin, Lombart, Bert, Trigalet, Willame, Farcy, Langouche, Bonnet, Lacroix, Desgain, Renders, Présiaux, Heyndrickx, Herpain, Desaedeleer, Detry, Conreur, Nelis, Bernard, Carlier, Sinave, Filippi, Gomez, Malherbe, Lemaire, Matthews, Dubuisson, Barbier, Morelle, Servais, Gillis, Bruyndonckx, Meerschaert, Mercier, Brouhon, Petit, Charlier, Belot, Canart, Frère, Herman, Verminck, Deflaque, Degouys, Bourguignon, Furnémont, Reman, Vranken, Losseau, Vanderkelen, Scaut, Roger, Chevalier, Draguet, Motola, Meda, Rauchs, Allard, Mc Kenzie, Scohier, Walravens, Chenut, Decoster, Van Damme, Gain, Scorneau,…

Je voudrais ici aussi rendre hommage particulièrement à ceux de notre grande famille scoute qui nous ont quitté. Je pense bien évidemment à Jean-Marie Houyoux, Jacques Rheuter, Michel Malherbe, Thierry Bruyndonckx, Franz Creusen, Yves Ducarme, Claude Delhaye, André Dero et peut-être d’autres encore… sans oublier notre chère Doudoune, Françoise Lambert. Merci d’avoir une pensée pour eux !

Les lieux de l’unité, ce sont les endroits de camp innombrables même si vous constaterez dans la liste des camps que des noms de lieux reviennent à échéance régulière mais ce sont aussi les locaux !
Il faut savoir que depuis ses débuts, les réunions de la 5ème se tenaient dans les locaux de l’école artisanale à la rue Wilmet.
En 1969 la Ligue Nationale pour les Personnes Handicapées qui chapeautait l’école artisanale a vendu à l’unité la parcelle de terrain se situant à l’arrière de l’école, coincée entre la rue Wilmet, la rue des Ecoles et la rue de Bomerée et accessible uniquement par les ruelles.
C’est sur ce terrain que le local du centre fut bâti déjà avec l’aide de la Paroisse à cette époque. Il connut des jours heureux mais devint, à la fin des années 80, la proie des vandales de plus en plus fréquemment, jusqu’à être incendié. Loin du découragement, l’unité a investi énormément d’énergie, de temps et d’argent dans la restauration, puis en 94 dans la reconstruction d’un nouveau local (grâce à nouveau au soutien de la Paroisse). Hélas, mille fois hélas, devant les actes incessants de vandalisme et le manque de contrôle social du bâtiment, nous avons été contraint de le revendre. Pour la petite histoire, C’est la ligue nationale pour la personne handicapée, elle qui nous avait vendu le terrain en 69, qui nous a racheté le terrain et le local en décembre dernier. Aujourd’hui ils y installent deux nouveaux ateliers destinés aux cours pratiques.

Cette évocation des lieux me permet de mettre en évidence de manière amusante cette relation avec la Ligue mais aussi et surtout les relations beaucoup plus nourries avec la ou les paroisses de Montigny-le-Tilleul qui nous ont toujours énormément soutenu. Qu’elles soient ici remerciées. Un merci particulier aux œuvres paroissiales de l’Eden Park, qui nous ont accueilli ici et nous ont permis de restaurer le local dans lequel vous trouvez (Merci Mr Marchal) et aux œuvres paroissiales St Martin qui mettent à disposition de la troupe éclaireurs et du poste pionnier le local des œuvres de la rue de la Place (Merci Mr Durvaux).
Au chapitre des partenariats et des bonnes relations, nous remercions évidemment la commune de Montigny pour son soutien logistique à l’occasion de nos grands événements (transports de camps, fêtes ou manifestations scoutes,…) et pour son soutien financier et moral. L’équipe d’animation régionale de la Fédération catholique des scouts pour sa compréhension, son soutien.
Enfin, n’oublions nos partenaires de l’unité guide avec qui nous collaborons, nous échangeons, nous organisons parfois. Soulignons aussi la seine émulation que provoque la présence de deux mouvements de jeunesse en aussi bonne santé sur une même entité.

Mais ce que nous retenons aussi des 70 ans de scoutisme à Montigny, ce qui nous réunit ici, ce sont :
-Les réunions hebdomadaires du dimanche bien entendu avec les jeux de pistes (à la laine, à l’ail ou au sang,…) les cabanes dans les bois de l’abbaye d’Aulne, les attaques de camp dans les ronces qui écorchent joyeusement les genoux, les sorties, les réunions piscines, les challenges proposé par d’autres unités,…
-Les grands camps, à vue de nez, plus de 250. Les camps et leurs veillées magiques, les cantiques de patrouille entonnés sur le mauvais ton, la fumée qui ou que soyez autour du feu, finit toujours bien par vous arriver dans la tronche à vous rougir le blanc des yeux, les pipis pompiers pour éteindre le feu,… Les constructions, woodcraft, à vous brûler les mains à coup de brelâge et de tours de frappes, les jeux de 24heures à user vos semelles sur les sentiers, la pêche au thon du concours cuisine et la saucisse crâmée sur un bout de bois vert, les luttes au savon noir durant les jeux olympiques,… les progressions aussi, les promesses et la fierté de porter un nouvel écusson ou badge sur la chemise,… tant de souvenirs

En préparant cette fête, et en faisant des fouilles dans les archives, nous avons été parfois étonnés, surpris par tout ce qui avait pu changer.
Comme cet animé dont les parents prennent la peine d’écrire une carte postale pour prévenir d’une absence de réunion : aujourd’hui SMS
Comme les instructions d’animation laissées 1 mois à l’avance par un chef responsable à l’un de ses animateurs par écrit et avec fermeté : aujourd’hui beaucoup à la dernière minute

Oui, beaucoup de choses ont changé : les contextes familiaux, le contexte sociétal, les moyens de communication, les notions de respect de l’autorité ou de ponctualité, de un chef d’unité on est passé à une équipe de 7 ou 8 personnes…

Mais l’essentiel persiste : 70 ans de rires, de joies, de vie en groupe, de respect et de fusion avec la nature, de solidarité, de prises d’initiatives et de responsabilités, de liens francs et durables…

Longue vie à la cinquième et je cède la parole à Isard !

Fourmi - le 15 septembre 2008 - Du même auteur

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